L’interview de Jean-Marie Vanlerenberghe

Ce week-end la Voix du Nord a eu la bonne idée de réaliser l’interview de Jean-Marie Vanlerenberghe, mon ami et également mon prédécesseur à la tête de la Mairie d’Arras et cofondateur de l’UDI aux côtés de Jean-Louis Borloo et de moi-même. Un entretien riche d’enseignements tout à l’image de Jean-Marie : simple, agréable, sincère et pertinent. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi de vous le retranscrire ci-dessous. Une interview que vous pouvez également retrouver sur le site web de la Voix du Nord en cliquant ici.

Sénateur, président du Pays d’Artois, du conseil de surveillance du centre hospitalier d’Arras… De quoi bien occuper les journées à triturer les dossiers. Interview du dimanche avec Jean-Marie Vanlerenberghe.

PAR MARCO VERRIEST - mverriest@lavoixdunord.fr
PHOTO PASCAL BONNIERE

- D’abord, pas de regrets d’avoir abandonné les mandats de maire et de président de la CUA ?

JMV : « J’ai simplement quitté la pression du quotidien que représente la vie municipale ou communautaire. Aujourd’hui, je maîtrise mon agenda et j’ai suffisamment d’occupations pour ne pas m’ennuyer dans mes fonctions actuelles. Je suis loin d’être retraité. Et je peux aussi m’investir pour mon groupe politique. »

- Justement, Jean-Marie Vanlerenberghe est aujourd’hui plutôt MoDem ou UDI ?

JMV : « J’ai rejoint le groupe centriste de l’UDI, mais je suis toujours adhérent au MoDem. J’ai voyagé tout l’été pour rencontrer les forces politiques du centre et rapprocher les points de vue. François Bayrou est un ami, Jean-Louis Borloo aussi. Ils gagneraient à travailler ensemble avec une stratégie claire. »

- Est-ce dire que François Bayrou a fait des erreurs de stratégie ?

JMV : « Il n’a pas de stratégie ! C’est un homme intelligent, de grande culture, qui a su fédérer des énergies lors de la présidentielle de 2007 (il avait obtenu plus de 18 %). Mais il n’y a pas eu transformation de ce score dans les autres élections parce qu’il n’y avait pas de stratégie d’alliance. Indépendance ne veut pas dire isolement. »

- L’UDI peut-elle s’installer dans le paysage politique ?

JMV : « L’UDI peut devenir le grand parti du centre. Il y a un espace politique qui est ouvert. Jean-louis Borloo a raison de ne pas brûler les étapes. Je pense que d’ici les prochaines élections électorales, on va assister au rassemblement des formations centristes. Borloo, c’est une marque… »

- En favorisant une alliance avec l’UMP ?

JMV : « En alliance avec l’UMP oui. Les seuls qui reconnaissent le centrisme, c’est la droite. Il n’y a pas d’autre choix si on veut exister électoralement. De toute façon, on ne peut faire d’alliance avec la gauche que si on est de gauche ! »

- La gauche justement, comment analysez-vous l’action du gouvernement socialiste ?

JMV : « Il faut avouer que la la ligne qu’il mène est tout sauf claire ! Ce n’est pas lisible. Pour des gens qui ont une expérience dans la gestion des régions, des départements, des grandes villes, c’est très… amateur ! On le voit bien avec le dossier sur la compétitivité avec des mesures qu’ils ont critiquées et qu’ils cherchent finalement à appliquer. Regardons en Europe, dans le monde. Oui il faut que le coût du travail soit compétitif et qu’il soit socialement juste. »

- Et l’alternance au Sénat depuis que le PS a pris le pouvoir ?

JMV : « C’est un peu à l’image du gouvernement. Avec un pilotage hésitant, pas toujours respectueux des règles qui avaient cours. »

> Pour en revenir à l’Arrageois, comment voyez-vous l’évolution de la communauté urbaine ?

JMV : « C’est une excellente initiative. Il était naturel que la communauté de communes l’Artois adhère à la CUA et il était difficile de refuser des communes du Cojeul. Au passage, ça simplifie le paysage territorial. Avec les redécoupages, le Pays d’Artois, avec ses 255 communes et ses 212 000 habitants, va passer de onze à six intercommunalités d’ici deux ans et va se concentrer sur ses trois objectifs : la transformation en syndicat mixte, le développement économique et l’étude du plan climatique. »

> Et… avec vos successeurs, après une passation qui avait été diversement commentée, comment ça se passe ?

JMV : « Frédéric Leturque à la mairie et Philippe Rapeneau à la communauté urbaine mènent très bien leur barque. Ils ont le profil qui convient aux postes et on n’aurait pas pu les interchanger. »

Publié dans Actualité, Arras et sa région avec mots clés , , , , , , , .

145 réponses à L’interview de Jean-Marie Vanlerenberghe

  1. gardhend dit :

    gardhend df76b833ed